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LES BETES DU SUD SAUVAGE de Benh Zeitlin

"Il était une fois une petite fille qui vivait avec son papa dans un bassin"(en Louisiane). Dès le début du film vous avez envie de rester en compagnie de Hushpuppy qui a 6 ans. Elle écoute battre le cœur des animaux. Elle vit dans le plus beau pays du monde pourtant c’est loin d’être le paradis. Là, elle fait son initiation à la vie et est confrontée au manque de la maman, la maladie du papa, la peur de l’invasion des aurochs. Mais "pas comme une mauviette... pas pleurer." Il faut faire face aux déchaînements des éléments : "l’univers marche bien quand tout est à sa place... des fois les choses sont tellement cassées qu’on ne peut plus les réparer". Dans un premier temps il faut s’en sortir grâce à un objet flottant non identifiable qui peut rappeler l’arche de Noé et grâce à la solidarité entre les habitants. Il y a un quelque chose des premiers chapitres de la genèse dans cette histoire. Un regard et une maturité chez Hushpuppy à faire mettre à genoux des aurochs et même des spectateurs du film.

 

 

AU DELA DES COLLINES de C. Mungi

Elles se retrouvent sur le quai de la gare. Pour la ramener en Allemagne Alina vient chercher son amie Voichita qui vit dans un monastère orthodoxe. Là, Voichita estime trop excessif son enlacement par Alina. Ce n’est pas tant parce qu’on "nous voit" comme elle dit, que parce qu’elle à pris de la distance à l’égard de son passé par un autre choix de vie. Pour Anita la présence de Voichita lui est indispensable et elle veut l’exiler hors de sa nouvelle communauté. Toute la problématique du film est présente, me semble t-il, dans cette séquence du film et la suite raconte comment Anita ne pouvant se libérer de son emprise sur Voichita se trouve elle-même enchaînée. Par ailleurs il y a aussi un problème relationnel à l’intérieur du couvent : appeler le pope "papa" et la supérieure "maman" n’est-il pas sans ambiguïté ? La référence constante au péché est-elle saine ? Et la foi ne peut-elle pas être perçue dans certains cas comme une emprise ? "Lâche-moi avec ton Dieu !". Comme pour vivre intensément et en profondeur ce qui est présenté le réalisateur fait souvent le choix de longs plans séquence : cela soit en plan général comme pour assister au déneigement de la cour du monastère soit en plan rapproché comme pour la scène d’exorcisme. Il y a de quoi être dérouté !

 

 

ERNEST ET CÉLESTINE de S. Aubier, V. Patar B.Renner

Qui ne connaît les aventures de l’ours "Ernest" et de la souris "Célestine" ? Elles font partie des classiques parmi les livres pour enfants. Et quand on vous offre l’une d’entre elles en dessin animé sur grand écran avec un parterre d’enfants, c’est un délice même pour des adultes. "Tu m’as rencontrée dans une poubelle et tu voulais me manger" dit Célestine à Ernest. Il est vrai que rien ne permettait naturellement une amitié. Ce dessin animé au trait simple et expressif, aux couleurs tendres et suggestives de l’aquarelle, au rythme vif et soutenu avec équilibre est de grande qualité. De plus les grandes questions existentielles sont présentes ainsi que le dynamisme vital qui anime chacune des deux "sociétés". Reflets des adultes et des institutions, place des interdits et des préjugés et puis les problèmes d’éducation... la différence, l’amitié, le monde du dessus et celui du dessous... Ce film est comme un sourire qui s’inscrit sur le visage comme celui que Célestine sait ajouter à son ourson qui tient une petite souris dans les bras.

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