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Messe 25 Octobre 2026 à l'église Ste Madeleine de Tournus

Messe du 30ème dim. du Tps Ord. "A"  25 Octobre 2026 à l'église Ste Madeleine de Tournus

 

Lecture du livre de l'Exode 22, 20,-26

1ère lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens 1, 5C-10

Évangile de Jésus Christ selon Matthieu 22, 34-40

 

"Les pharisiens, apprenant que Jésus avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent, et l’un d’entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l’épreuve : «Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ?» Jésus lui répondit: «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et voici le second qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Tout ce qu'il y a dans l'Écriture, dans la Loi et les Prophètes dépend de ces deux commandements. »"

 

Homélie du Père Bernard Binon

Cette page d'Évangile commence par la mise en scène de deux personnages, ou plutôt de deux groupes: les pharisiens et les sadducéens. 

 

Nous le savons bien, les sadducéens sont attachés de manière exclusive aux cinq premiers Livres de la Bible, ce que nous appelons -nous chrétiens- le Pentateuque, que les juifs appellent la Torah, c'est-à-dire le Livre de la Genèse, Le livre de l'Exode, le Lévitique, le Livre des Nombres et le Deutéronome qui reprend pour une large part ce qui est dit dans le livre de l'Exode.

 

C'est la raison pour laquelle les sadducéens ne croient pas à la résurrection car dans ces cinq premiers Livres de la Torah, il n'est pas question de la résurrection.

 

Les pharisiens non seulement acceptent les cinq premiers Livres de la Bible -la Torah- mais ils sont attachés également aux Prophètes, les Nevi'im, et aux autres écrits, les Ketouvim; les trois faisant l'ensemble de la Bible : Torah, Nevi'im, Ketouvim.

 

Non seulement les pharisiens sont attachés à l'Écriture mais ils sont -nous l'avons déjà dit- attachés à tous les commentaires que les rabbins ont pu faire de l'Écriture. Que dis-je ? Aux commentaires des commentaires et aux commentaires des commentaires des commentaires et ainsi de suite. La vie de pharisien est épuisante car ils passent toute leur énergie à scruter non seulement l'Écriture mais tous les commentaires qui en ont été faits depuis le début! Vous le voyez bien, c'est un travail sans fin.

 

Or, voici que Jésus a fermé la bouche aux sadducéens. De quoi réjouir les pharisiens !

 

L’un d’eux vient -comme à l'accoutumée- avec une attitude faussement déférente pour poser une question à Jésus qui va être un piège: « Maître, quel est le plus grand des commandements ?» Évidemment, si Jésus avait répondu: «Le plus grand commandement, c'est aimer Dieu», le pharisien aurait pu conclure: «tu enseignes qu'il ne faut pas aimer son prochain». Si Jésus avait répondu: «Le premier commandement, c'est l'amour du prochain», alors le pharisien aurait pu conclure:  «tu enseignes de ne pas aimer Dieu». Voilà un raisonnement binaire et simpliste pour tout dire, qui est un travers dans lequel Jésus ne tombe évidemment pas. Pour lui -comme pour toute l'Écriture d'ailleurs- aimer Dieu et aimer son prochain, c'est tout un.

 

Si ce pharisien qui prétend connaître l'Écriture avait scruté attentivement les premières pages du Livre de la Genèse, il aurait très bien vu que lorsque l'homme et la femme désobéissent à Dieu et qu'ils pensaient que leurs yeux allaient s’ouvrir, ils s'aperçoivent qu'ils sont nus. Ils ont honte d'eux-mêmes, ils perdent la paix intérieure. Et voilà qu'ils entendent les pas de Dieu, alors que jusque-là, ils s'entendaient avec lui, j'allais presque dire conversaient familièrement avec lui, comme avec un membre de leur famille. Voilà qu'ils en ont peur, ils se font une fausse idée de Dieu et ils vont se cacher à ses yeux.

 

Ils le perçoivent désormais comme un juge qui va les condamner alors que Dieu est tout amour. Il ne veut que notre bonheur, notre vie, notre joie.

 

Mais ce n'est pas encore suffisant, ils vont commencer à se disputer entre eux : « Ce n'est pas moi, c'est elle! » Et ils vont devoir travailler à la sueur de leur front et accoucher dans la douleur. L'unité avec la nature, avec la création est aussi perturbée, voilée, abîmée. Mes amis:

 

- il n'y a pas d'amour de Dieu sans l'amour du prochain, sans l'admiration devant la nature qui est l'œuvre de Dieu et qui nous renvoie à lui;

 

- il n'y a pas d'amour de Dieu sans une juste estime de ce que nous sommes;

 

- il n'y a pas d'amour du prochain sans amour de Dieu, sans amour de la nature, sans amour pour nous-mêmes;

 

- il n'y a pas de vrai bonheur ni d'amour de nous-mêmes si nous rejetons Dieu, le prochain, l'amour de la nature. 

 

Ces quatre dimensions n'en font qu'une. Elles sont indissociables. C'est pourquoi le pape François, dans l'encyclique qu'il a écrite sur la protection de la nature, Laudato si', dit en substance : « Si vous vous attachez à protéger la nature –vous avez raison de le faire – mais que vous ne revenez pas à Dieu, que vous ne travaillez pas au lien social, à l'amitié entre vous, si vous ne vous aimez pas vous-mêmes, vous ne parviendrez à rien. »

 

Il nous faut travailler ces quatre aspects en même temps : la relation à Dieu, la relation aux autres, la relation à soi-même et un regard contemplatif sur la création.

 

Demandons au Seigneur cette grâce de vivre cette unité en nous-mêmes, non pas seulement de la commenter comme étant nécessaire, mais d'en vivre vraiment. Seigneur, sans toi nous nous éparpillons, nous ne savons où aller. Fais l'unité en nous et entre nous. Donne-nous ce regard contemplatif qui nous fasse te louer à travers tes merveilles.

 

 

 

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